Qu'est-Ce Qu'un Bon Psychothérapeute ?


J'adhère, on ne peut plus fortement, au conseil empreint de bon sens que Pierre et Sylvie Angel donnent dans leur livre "Comment bien choisir son psy" * : "Dans l’idéal, le premier entretien doit vous laisser une sensation de mieux-être. Vous vous sentez rasséréné, que (pour une fois…) quelqu’un vous écoute vraiment, essaie de vous comprendre et tente de vous aider. Le cadre, l’accueil, la disponibilité, la ponctualité et même l’apparence physique du psy sont des facteurs qui vous incitent à lui faire confiance." 

On peut également aller plus loin et poser clairement la question :

" Comment choisir un bon psychothérapeute " ?!



Si on demande aux personnes qui consultent un psychothérapeute "Qu'est-ce-qu'un bon psychothérapeute ?" les deux principales réponses ex-aequo que l'on obtient sont : "Quelqu'un qui m'apporte une aide" (sous-entendue efficace), et "Quelqu'un avec qui je me sens bien".*

Énoncé ainsi, on pourrait supposer que le patient n'est pas excessivement exigeant, c'est pourquoi il serait bon que le psychothérapeute le soit doublement.


Un bon psychothérapeute sait écouter : oui,  mais comment ? 

Savoir écouter quelqu'un est une chose, et savoir l'entendre en est une autre.

Le bon psychothérapeute n'a pas le choix, il se doit de savoir écouter car la finalité de son écoute est d'entendre ce qui est en train de se dire, et ce qui n'est l'est pas.

Pour ce faire, il est nécessaire qu'il choisisse une attitude d'écoute : empathique, authentique, disponible, non-directive, compréhensive, inconditionnellement positive, congruente... bref son choix est large.

À cette attitude, s'ajoute la mise en oeuvre d'une technique d'écoute : écoute flottante, relance, reformulation, questionnement, écoute focale... là aussi plusieurs techniques sont à sa disposition.

Le psychothérapeute n'est donc pas neutre quand il écoute puisqu'il a d'emblée choisi un mode d'écoute (lié à son modèle théorique de référence), et que toute communication entre deux personnes procède d'une co-construction.


Un bon psychothérapeute maîtrise une technique de soins psychiques, elle-même portée par un modèle théorique de référence

Connaître le DSM-V ou la CIM 10 par coeur ne suffira pas pour aider quelqu'un qui présente une problématique psychologique. Savoir pratiquer un bilan psychologique ou poser un diagnostic est une chose, être en mesure de soulager la souffrance en est une autre.

Normalement, si les choses étaient parfaites en tout point, tout psychothérapeute exerçant l'activité de psychothérapie devrait soutenir sa pratique au moyen d'un modèle théorique de référence. En d'autres termes, cela signifie que tout psychothérapeute qui pratique une psychothérapie sans aucun modèle théorique ne peut pas grand-chose pour son patient, mise à part lui offrir de son temps (quoique le terme "offrir" ici n'est sûrement pas adéquat), être gentil et sympathique. C'est déjà ça me direz-vous, mais ce n'est pas exactement ce que viennent chercher les personnes qui souffrent quand elles choisissent de consulter spécifiquement un psychothérapeute (contrairement au choix porté sur les groupes d'entraides qui sont, eux, gratuits tout en étant efficaces).

Maîtriser suffisamment bien une méthode est à la fois nécessaire pour le patient mais aussi pour le psychothérapeute : plus il y aura maîtrise d'une technique plus il y aura capacité à la modeler selon les personnes, selon les séances. Mais faire porter sa technique sur une théorie ne signifie pas être enfermé dans sa théorie ou ne connaître qu'elle. Avoir notion d'autres théories et donc d'autres aides thérapeutiques vers lesquelles diriger une personne devrait être un prérequis. Le thérapeute ne doit jamais rester barricadé dans sa méthodologie. Cette raideur conceptuelle que l'on rencontre chez certains psychothérapeutes a souvent pour fonction de protéger le psychothérapeute des affects que son patient pourrait, chez lui, déclencher (c'est parfois le cas des psychothérapeutes débutants qui restent dans les limites de leur technique afin d'être rassurés or comme le dit Serge Tisseron "l'insécurité psychique est un grand ennemi de l'empathie"). 

Dans le même temps, l'importance accordée à la technique ou à la méthode semble indiquer que c'est là l'essentiel de la psychothérapie en oubliant que celui ou celle qui la manie a tout son rôle à jouer aux côtés même de cette méthode.

Personne et aucune méthode de psychothérapie ne pourra "formater" à l'identique tous les psychothérapeutes. Pour une même technique de soins psychiques donnée, vous trouverez des dizaines de variations dans l'application de cette technique ; même la psychanalyse n'y échappe pas, et avec elle sa célèbre "neutralité" quand Sigmund Freud déclarait "Pour la plupart des patients nous nous trouvons obligés de nous poser de temps en temps en éducateurs et en conseillers."


Un bon psychothérapeute est au clair avec la position asymétrique que représente la psychothérapie

Une personne souffre et vient de demander de l'aide. Le thérapeute qui entend cette demande propose (souvent mais pas forcément toujours) son aide. Celui qui propose son aide peut sembler être dans une situation d'apparente supériorité (c'est à lui que l'on vient réclamer quelque chose). Le psychothérapeute doit être extrêmement vigilant quant à cette position asymétrique : il ne doit pas s'appuyer sur cette asymétrie pour positionner ou renforcer son narcissisme en tant que psychothérapeute. La psychothérapie doit demeurer "un espace où le thérapeute n'aura nul besoin de son patient pour se donner à croire à son importance"**.


Un bon psychothérapeute est conscient de ses propres problématiques psychiques

Au-delà de la capacité d'écoute, de l'empathie, s'il y a bien une chose qui joue dans une psychothérapie,  ce sont les "sentiments" que le psychothérapeute peut avoir vis à vis de son/sa patient(e), ce que l'on appelle dans le jargon analytique, le contre-transfert.

Il n'est pas raisonnable de s'intéresser aux mouvements du patient vers son psychothérapeute (le transfert) et de laisser de côté les  mouvements du psychothérapeute vers son patient.

Un psychothérapeute n'est pas une page blanche, il a une vie lui aussi (c'est à souhaiter !) et il est primordial que le discours d'un patient ne résonne pas chez lui en écho à ses propres difficultés.

Si le psychothérapeute est au clair avec son propre inconscient, s'il sait analyser son contre-transfert, il y a de fortes chances qu'il entende son patient sans que son propre inconscient n'interfère.

Si ce psychothérapeute, n'a pas "éprouvé" de thérapie, n'est pas averti de ses mouvements contre-transférentiels, il y a de fortes chances qu'il mêle sa problématique à sa celle de son patient.

C'est très certainement le plus grand écueil à redouter lors d'une psychothérapie : l'interférence entre l'inconscient du psychothérapeute et celui de la personne qui consulte, ce qui, immanquablement, poussera le psychothérapeute à émettre des interprétations en fonction de sa propre problématique et non pas de celle du patient (voire émettre des jugements).


Le bon psychothérapeute sait utiliser tout le matériel que lui apporte son patient

Si le psychothérapeute éprouve des "sentiments" vis à vis de son patient, il en est de même du patient vis à vis de son psychothérapeute. Ils sont souvent plus agis que parlés mais c'est une façon comme une autre d'envoyer des signaux à son psychothérapeute.

Certains patients peuvent marquer négativement une séance sans vraiment le manifester de façon claire et précise. Ce peut être une odeur très nauséabonde qui poussera le psychothérapeute à aérer la pièce dès le départ de son patient, ce peut être des patients séducteurs, manipulateurs qui essaient de s'introduire dans l'intimité de leur psychothérapeute avec des questions inappropriées, ce peut-être des patients qui arrivent systématiquement en retard ou systématiquement en avance,  ce peut-être des patients qui déclenchent un profond ennui, ou des patients qui laissent un sentiment d'antipathie à leur psychothérapeute.

Un bon psychothérapeute utilise ce malaise, l'interroge. Il prend tout ce que son patient lui donne même ce qui est subtil et désagréable car ceci dit quelque chose. Cette forme de communication ne peut être évacuée de la thérapie, et en faire l'économie c'est fermer les yeux sur la problématique du patient.

Il est donc important qu'un psychothérapeute soit conscient de ce qu'il représente pour son patient mais il est tout aussi important qu'il prenne toute la signification de ce que son patient représente pour lui (de négatif mais aussi bien sûr de positif).


Un bon psychothérapeute a un profond respect pour la démarche qu'entreprend le patient

Le respect du patient est un aspect fondamental de la relation.

Aspect assez basique, me direz-vous, qui devrait aller de soi, et s'inscrit naturellement dans toutes les théories mais qui en pratique manque parfois.

Pourtant, il est la pierre angulaire de l'édifice "relation" que le psychothérapeute et le patient vont établir ; il est également le soubassement nécessaire et indispensable à la libre parole et donc par extension à la confiance.

Cette notion de respect peut être chevillée (ou pas selon les orientations psychothérapeutiques) à l'empathie, notion plus ambiguë et complexe, qui nécessite une parfaite maîtrise des mouvements contre-transférentiels mais c'est une autre histoire...

"[...] il reste nécessaire que les thérapeutes prennent peu à peu l'habitude de développer avec leurs patients des relations encore plus respectueuses et égalitaires : trop souvent, le savoir et le pouvoir ont été du côté du thérapeute, et le patient devait accepter l'absence d'explications sur la maladie et les questions sans réponses." ***

En miroir, je pourrais aussi dire qu'un mauvais psychothérapeute est un thérapeute qui ne remplit aucune de ces conditions.

S'il ne dispose d'aucune réflexion théorique, on peut s'attendre à ce qu'il écoute mais n'entende pas, à ce que sa ou ses techniques thérapeutiques ne soient pas clairement définies (ni pour lui, ni pour son patient).

S'il n'a pas "balayé devant sa porte avant de balayer devant celle de son patient", on peut s'attendre à ce qu'il utilise l'asymétrie de la relation pour conforter sa position et ainsi "nourrir" son narcissisme, à ce qu'il soit incapable de reconnaître et d'analyser ses éprouvés contre-transférentiels (ce qu'il éprouve vis à vis de son patient), mélangeant ses propres souffrances, désirs, affects, et émotions à ceux de son patient.


Vous êtes en droit de vous interroger et d'interroger le thérapeute qui sera votre "compagnon de route" tout le long de votre thérapie.



* Edmond Gilliéron "Aux confins de la psychanalyse - Psychothérapies analytiques brèves" - Ed. Payot

** François Roustang "Savoir attendre pour que la vie change" - Ed. Odile Jacob

*** Christophe André, François Lelord "L'Estime de soi" - Ed. Odile Jacob



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